Tjenbé bèl pou viv-li bien...

Corps – Nativité

Vivre en corps… Voilà, la chose…

Nous énoncions enfin du premier article qu’un postulat était nécessaire à la réflexion libre autour du corps et à l’opportunité d’y méditer la vie, au stade de notre humanité. Ce postulat que nous formulions tel que: « Kòw sé an chimen »; « Ton corps est un chemin »; « Kò sé chimen »; « Corps c’est le chemin ». D’où provient-il? Qu’illustre-t-il de nos vies qui le rendrait opportun?

Il provient de ce que l’humanité a de plus fondamental, primordial, phénoménal et essentiel. Il provient de cette faculté qui de la fertilité des êtres complémentaires en genre, donne par fécondité: la vie.

La vie commence dans la matrice (la mère). Une femme ayant une relation féconde avec un homme, ce qui ouvre la voie d’un vécu en elle, la gestation d’une vie.
Oui, elle fait lors de ces neuf mois un cheminement. Celui se devant d’être le fruit d’une relation au quotidien, qu’elle entretient et nourrit avec cet être qui est en elle.
Au fur et à mesure, en elle, se forme une vie humanoïde. C’est par un processus de croissance fulgurente que s’engage en elle, la vie qui prend corps. Elle est alors par son corps, se fait le chemin d’un corps qui prend en corps vie.

La vie est donc une multiplication de cellule en corps, se dessinant humanoïde de corps.

Neuf mois plus tard, un sursaut en corps, le jour de l’ouverture et du départ pour une autre phase de l’aventure. Une entrée dans le vaste monde; là où, règnent les éléments (eau, terre, feu, air) sous d’autre forme dans un autre infini. Un monde aux autres états de vie.

Sortir de l’état de vie de Manman pour entrer dans celui du monde.

Un sursaut en corps, la contraction qui touche au bas du dos, le bouchon muqueux qui saute, l’animalité féminine qui surgit, le regard de la mère change, il devient grave. « Pasaj-la difisil mé pani dòt manniè… wè mizè sé par mò. » Éwi mèsi Manman.

Tête vers ailleurs, le col ploie sous la pression de cette poche aquatique. Du liquide prouve la faille. La tête la première, au rythme des pou….ssssss, c’est le grand huit. Le myomètre va de contraction en contraction, le col s’efface, se trouve dilaté, la tête s’engage dans l’urtérus, l’étroit chemin du choix de la vie en corps qui va vers celui-ci: le monde par la naissance.

La tête s’engage tournant la spirale de sa sortie de l’obscurité, c’est tout un corps qui va ensemble en tout membre vers l’évènement de la naissance. Corps sort la tête haute du vagin; et épaules par épaules le corps nait en se frayant un chemin dans le monde d’un état nouveau. S’éveille le corps-né, il prend une place au monde, à travers un questionnement en corps, par le corps, pour et, avec le corps. Le frisson de la chair sous la peau, la peau en contact avec l’air et l’eau qui y est suspendue, un sursaut en corps.

En corps un sursaut, quand l’air se fraie un chemin dans les voies respiratoires. Nait un dialogue par cette respiration, un échange perpétuel et continuel entre le dedans et le dehors, qui donne naissance à la voix de ce corps-né ici en présence au présent de l’évènement.

Le corps-né a traversé le corps-mère.

Sa naissance est le fruit d’un cheminement d’êtres en conscience, de ce qui se vit dedans le corps-mère; et, de la mécanique du corps qui par sursaut ouvre les portes vers le monde élémentaire dans tous ses états. Et, le cordon ombilical sectionné coupant le lien de chair entre le corps-né et le corps-mère inaugure une relation en métamorphose. Lorsque le cordon coupé de sa matérialité, se créé dans la symbolique du lien fondamental à la relation vital et Ital à la vie.

Cette création acte la naissance de la peau, de la main et du sein comme l’œuvre de la nourriture du corps. Lorsqu’il s’agit de comprendre que le corps est le don de la vie pour le vivre en corps. La naissance est l’inauguration de cette vie pour en corps une place au monde des vivants au présent de la présence dans le visible. Le corps née a donc fait chemin en corps-mère de l’invisible au visible. Désormais, pour lui la vie le touche et il touche la vie.

Un corps-chemin qui nait par la conscience poétique

Alors que je cheminais en la vie. Je me rendis compte que plus j’avançais sur la route, plus je percevais de choses en elle. C’est ainsi que je me suis traduit les choses. Lorsque de fait, il est remarquable que ce qui est su et cru, est ce qui se manifeste alentour moi. Ainsi, le lien entre la réalité et la pawòl, c’est traduit ainsi: « le dire est en semence, de ce qui se récolte de l’expérience qui nourrit le témoignage. »

D’où, dans mon cheminement, j’ai rencontré la poésie qui a touché mon être en tout ses états et ses étages. J’entrais donc dans le monde du savoir et de la connaissance par une attirance dense pour la poésie. Elle demeurerait dès lors en toute chose de mon regard, mon écoute, mon entente, mon touché, ma respiration, mes sensations et mes ressentis jusqu’à lors. Je me prie de le vivre par cette démarche de la pensée mêlée de croyance, faites de représentations et interprétations poétiques du monde.

Ainsi, je découvris la Pawòl qui contait les témoignages du su et du cru à partager ensemble avec les membres du grand-corps-peuple de mon pays. En cela, le corps pris une autre place dan ma conscience poétique par la pawòl des pawòl qui dit: « Sé lèspri Kò Ki mèt Kò ».

C’est en cela que prend acte une représentation de la vie qui repose sur la sentimentalité et la spiritualité. Le lien entre l’esprit et le corps, entre l’intention et le geste, entre le souhait et la réalisation. Tout est une question de semence, tout est une question de corps qui mène à l’état d’âme de son rapport à la l’esprit.

« Sé lèspri kò ki mèt kò »

Le corps interroge ce qui de l’esprit sera une réponse en volonté. Celle de « Comment le vivre? » Et en âme et conscience, nous voilà à vivre les états du monde en quête d’harmonie.

De notre mawonaj en négritude, notre sentiment d’humanité et notre négrospiritual sont en corps des actes de libération du corps-forcé pour le corps-nègre.

Ô mon corps! D’où vais-je en corps nègre aujourd’hui?

 

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  1. Abishag

    16 janvier

    Pa ladjé chimin kô ek chimin poétik la viw en kô. Pass sé sa wou yé ! Fôs lanmou. Abishag

  2. Stacy

    22 janvier

    Cet article est une belle illustration du commencement de la vie et du cheminement de l’embryon jusqu’à sa naissance.

    « Sé lèspri kò ki mèt kò »
    En d’autres termes Le corps est une matière domptable par notre esprit qui contrôle nos volontés

    -S.L

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