Tjenbé bèl pou viv-li bien...
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« Créole Pop » ce qui se confirme de nous…...

« Créole Pop » ce qui se confirme de nous…

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Je me souviens de cette émission télévisée où un artiste dans toute sa marginalité, dit dans un grand sérieux qu’il est avant tout un performeur. Son métier, c’est la scène. Quand subitement, apparaît une gravité sur son visage lorsqu’il dit considérer son disque comme la théorie de sa démarche artistique…

Je repense à cette anecdote en écoutant les premiers morceaux du dernier née de Joël Jacoulet…

« Créole pop » me semble être dans la démarche artistique de Joël un acte théorique majeur…

Oui là, prend corps le discours d’une vision. Elle qui se manifeste après des temps en geste de créativité juste qui ravissent et balisent une voie de pas à pas devant.
Et puis, la langue se fait langage d’ici qui s’affirme d’exister libre… Libre de partout… D’où de partout se délivre l’envie dans l’art de se dire…

Créole ne peut signifier grand chose, si l’on ne considère le processus qui lui donne d’être manifeste: celui de créolisation… Créole ne peut signifier sans le postulat de la négritude qui manifeste notre humanité dans sa relation à la phénoménologie naturelle du monde, nous par cela témoin du digne et de la liberté créatrice qui y trouve source…

Au vu de cela comment appréhender « Créole Pop »? Qu’est-ce qui s’ouvre à nous dans ce choix d’identification musicale?

« Créole Pop » voudrait dire que la créolisation n’a pas d’aboutissement, plutôt des métamorphoses et de la poésie qui ose le vivre…

Nous traduisons « Créole Pop » comme la volonté concrète d’inscrire dans l’universalité, le particulier des identités de notre ère en tant que martiniquais, caribéenne… Car, nos langages, savoirs, connaissances et manifestation culturelle et artistique se construisent par la rencontre et la relation,

nous les constructions de la constellation de cultures en rhizomes du monde. Des identités qui sortent de la conception de l’identité-position créatrice d’opposition pour entrer dans la conception d’une identité-relation productrice de lien.

L’album porte en lui une véritable théorie de la culture musicale martiniquaise. Elle qui dans sa tradition, se cherche dans la relation avec la musique du monde. D’où, cette performance d’avoir une telle diversité au service d’un genre enfin qui s’affirme… « Créole Pop » c’est un genre peut être. Ceci dit, il est mouvement de création. La construction d’un langage musicale se permettant d’être en toute chose créole.

Cette créolisation qui par l’art du détour œuvre au recyclage et à la revalorisation. S’approprier le transmis pour construire le langage propre à l’actuel.

L’album va donc comme une démonstration… L’hypothèse je la formule tel que: à l’origine dans la culture martiniquaise et caribéenne est la quête qui se perpétue en métamorphose.

Elle est celle de cette recherche di an limiè. Cette recherche qui se métamorphose au fil de notre cheminement de peuple… De la lumière hors de la cale à la lumière en nous, la vie se vit en force et amour que la lumière symbolise. An limiè Ka…

Ensuite, « Lapli pé tonbé » pour une métaphore poétique créole qui a le sens de cette attitude à vivre ici vis-à-vis des aléas de la Nature. Et la force de cette pawòl est proportionnelle à la place de Manman Dlo dans notre imaginaire pays, alors que notre imagination Ka koulé kon Dlo.

La démonstration se poursuit avec l’allusion inspirée du morceau intitulé « Tchip ». Cet élément de langage qui par la phonétique et la scénique du visage en langage non-verbale, est une ponctuation au langage des femmes et des fils… Une posture face aux contrariétés qu’il ne faut en aucun cas blâmer… Prany kon i yé a.

Il n’a pas de monde créole sans cette intention de vivre la relation d’amour. Vivre l’amour voilà l’intention et le centre d’intérêt du vivre au quotidien. Un espoir de romance tout moun anlè sa… « I want you to Know ». Par amour… Une recherche du toujours…

Et puis, voilà que vient la poésie blues de ce qui est la supplication de libérer la pawol d’amour qui le demande a toujours dans le sentiment d’éternité du bon. L’envie qui réclame que la parole amoureuse se libère pour vivre le simple de l’amour.

Quand dans la continuité, entre une sensualité dans le frèsh up du langage de la femme qui fait le discours de

l’amour, elle est symbole de la motivation d’aimer coûte que coûte… « Cherish » c’est de notre amour que se lève la conscience de le vivre bien en confiance…

Et s’écoute « Paris perdue », dans cette culture de forte relation aux lieux-dits. Relation proportionnelle aux relations humaines vécue en ces lieux et leurs intensités et degré d’intimité… Et en même temps, Paris, la ville de l’amour dans le mythe chez l’antillais, où se rêve la relation amoureuse romantique jusque dans les »gwo pwèl ». Aimer là-bas, c’est avant tout y aimer quelqu’un.

Et « Là » au rappelle de ce que le martiniquais l’est partout où il va. Il cherche la relation spirituelle en tout chose même dans la métropole… Ce fait de vivre l’esprit critique du wèklè. La recherche de notre sagesse… Y voir une nature qui parle en symbole poétique et spirituelle…

Alors c’est bien le fait de notre nouvelle génération dans ce que la vie paraît de plus en plus compliquée à organiser entre obligation et désir; entre obligation et désir que choisir pour

s’épanouir pour la liberté. Et « la flemme » face au défie de cette société actuelle alors que nous voulons la vie belle… Alors se questionne cette fatigue qui source cette flemme.

Nous parlions de créolisation à propos du processus de création, ainsi maintenant tout prend corps « I told you ». Prends la mesure de la place de la parole dans cette société d’oraliture qui arrive à se dire par tous les langages du monde… Musique tu es universelle, car tu transporte notre culture profonde, notre

langage intime et notre intention d’être intime à la vie.

Intimité « Under construction » où se définit le promis dans le construit du chemin de vie. Kòw sé an chimen. Alors construire l’amour c’est vivre la relation libre de l’aimer et d’en prendre patience pour cheminer ensemble… En corps, l’amour qui se fait inspiration…

« Le grand bleu » vient rajouter en corps l’appréhension de l’insularité dans notre perception de l’horizon. Elle se propose au regard infini de l’aller-vers où se dévoile la silhouette d’une sœur de lien historique… De l’en-dedans à l’alentour se tjat’ la pawol libre… Du choix du plus large…

« Endless road » pour faire la route la sienne qui se fera chemin. Cette philosophie faisant que chacun est soi. D’où, se rechercher c’est faire chemin dans la quête de la vie belle… N’ayant point peur de le vivre franchement dans lèspri kò ki mèt kò…

Kadans, blues, biguine, jazz, chouval bwa, country, mizik monn, mazurka, rock, rythme and blues, raggamurfin, socca, balade, hip hop, alternative, world musique et d’autres ingrédients pour composer « créole pop » dans la musique et la poétique.

Ti-bwa tanbou pou mizik Lanmou… La particularité de l’album c’est de faire une tradition. De ce qui fait notre culture est la somme des particularités des cultures du monde que nous rencontrons et avec lesquelles nous entrons en relation pour le bon et le meilleur de chacun.

Tous en quête du bon du beau et du beau du bon pour le garder en nous et se l’approprier, pour le transmettre en corps et encore au patrimoine du

possible de nos relations au monde…

« Créole Pop » pour l’humanité qui vit en Caraïbe comme mangrove…

Voilà ce qui se partage entre nous du monde de partout… Une inspiration à vivre bien…
Je te demande: « Fais moi la paix »
An bèl mèsi

Malik Duranty

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