Tjenbé bèl pou viv-li bien...
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Yòl Oliwon Péyi-a … Van Dan Vwèl Péyi-a

Yòl Oliwon Péyi-a … Van Dan Vwèl Péyi-a

Maintenant que la mer nous fait rêver, nous pouvons voyager… voyager avec cette idée de vie… ces idées à vivre… c’est là un acquis à notre liberté…

Les anciens parlaient de voyager lorsqu’ils parlaient d’aller d’un monde à l’autre. Par exemple, d’un morne à un bourg ou encore un bod’lanmè… obien pou monté la riviè… Alors pour nous désormais, il est question d’un voyage… Un voyage dans l’histoire du pays et de la yole, au fondement le Gommier et ses racines, son tronc et la cime, elle élevée par le chant du vent… de toutes nos airs maritimes, le vent a sa manière d’y parler… c’est un caractère divin qui dirige à la destiné des semences en mornes et des voiles et des mangroves au bord, bod’lanmè…

J’ai demandé à Parrain Levan : s’il connaissait la Yole ? Quand il s’est mis à rire dans un levé de courant d’air d’alizé. Tout autour, alizé se mit à tournoyer jouant de nuance du vert foncé du dessus au vert pâle d’en-bas de feuilles de mancenilliers, d’amandiers, de cocotiers et de palétuviers.

Je l’entendis dire :

« Way ych-mwen saw ka di la. Mwen sé divinité yòl, patwòn tout patwòn. Ba mwen diw ti-bwen : pé ni an patjé moun ka vini palé di si, pou di si pou di sa si yòl-la. Mé an tout manniè de bagay de toute choz : mwen sé divinité yòl… »

Assis en face de la mer, je me mis profondément à l’écoute. Alors que mon regard contemplatif était fondu sur l’horizon, mon esprit traversant une houle profonde et dodue, crêtée d’une écume légère et évanescente, s’ouvrait sous la proue de la yole de mon imagination.

Kri kra

Divinité Yòl

Sé mwen mwen diw

Lanmè pani branch

Tjenbé kòw anlè yòl-la

Sé mwen mwen diw

Gadé lowizon

Pa pran latè an tjè

Chwézi an bod’lanmè

Sé mwen mwen diw

Patwòn-an tjenbé tèt pagay-la

Mandé létjipaj blanchi’y

Sé si mwen lé

Sé mwen mwen diw

Chwézi simèl

Fo kiy

Fo ma

Sé si mwen lé

Silon mwen yé

Ki vwèl

Ki gran

Ki piti

Sé si mwen lé

Silon mwen yé

Konbien moun a bò

Fos nonm fanm jenn-jan

Pou tout’moun dako

Silon mwen yé

Sé si mwen lé

Sé mwen mwen diw

Divinité yòl

Sé mwen mwen diw

Patwòn mandé lot’bò

Èk si i lé i pé gadé lé zòt

Èk mandé kaliko

Mé sé mwen mwen diw

Silon mwen yé

Sé si mwen lé

Tout’moun an dlo

Sé mwen mwen diw

Patwòn Ka kouté

Ka fè van dan vwèl

Sé mwen mwen diw

Divinité yòl

Van dan vwèl

Sé mwen mwen diw

Aléliwòn èk oliwon péyi-a

Yòl Ka alé viré van dan vwèl

Sé mwen mwen diw

Divinité yòl

Tout’yolè yolèz sipotèz èk sipotè

Gwan kon piti ni pou sav-li

Mwen sé divinité yòl-la

Mwen sé Van dan vwèl

Godiyé !

 

Un progrès en nature, voilà ce qu’est l’histoire de la yole en Martinique.

C’est là en Martinique que le gommier est cet héritage transmis à notre temps. Oui, nos pêcheurs ont reçu l’art du choix, du traitement, du moment de la coupe et de sa technique. Car, le gommier blanc est cet arbre majestueux des mornes qui luit dans l’ensemble en toute saison, comme le bambou qui a fait de la rivière son royaume.

Bien vite, cela n’a plus été possible. Les gommiers blancs disparaissaient. Au grand drame de nos promenades en morne, si gommier n’est plus, c’est aussi son parfum encensant les sentiers d’en-haut du morne qui disparaît. Alors, qu’il nous accueillait dans l’atmosphère d’un sanctuaire… celui des mornes… ce qu’ils étaient pour ceux d’avant-nous… et qu’il est pour nous maintenant…

Le gommier (l’embarcation) a vu les pêcheurs en quête de progrès, répondant à leur besoin d’aller toujours plus loin. Les pêcheurs allongèrent le gommier à la limite de l’équilibre possible pour naviguer. Toujours plus loin, ay chèché Miquelon. Alors, apparu l’embarcation que les hommes du bod’lanmè atlantik baptisèrent la yole.

Way la yole, sa coque fend la mer ou l’océan et leur houle, rapide comme le malfini et légère comme une graine de fromager… elle est ronde comme une femme en sitiasyon. Sa voilure est majestueusement inclinée comme le chapeau d’un jwa dè tè-senvil.

Oui, c’est en tête à tête avec l’Océan Atlantique au François, au Vauclin, au Robert et au Marin que des hommes furent inspirés de la Yole.

« Bèf douvan bwè dlo klè… ». C’est pour cela que nul n’oubliera le fondal natal que constitue le gommier pour les yoles. La racine même…

Kri kra

Lot’bò kaliko

Kaliko lot’bò

Manèv ka fèt

Sé pou la viktwa nou ka alé…

Où trouve-t-on les racines de l’intérêt pour le Tour des Yoles ?

Dans l’appropriation d’un lègue.

Ces racines se retrouvent dans la genèse même de la pratique des yoles. C’est-à-dire celle des pêcheurs. Eux qui vont organiser petit à petit des jubilés, des rencontres et évènements entre embarcations. (Il n’y a pas vraiment d’équipage encore. Et c’est une grande proximité entre les pêcheurs d’un même bò qui sera le lyannaj du départ).

Ainsi, au fur et à mesure, c’est toute la famille qui est impliquée. Car, à l’époque difficile de ne pas faire de toute chose, une affaire de famille. Cela va donner lieu à la création d’une véritable communauté de proximité territoire par territoire, avant de constituer une communauté d’intérêt autour de la yole. Une communauté qui est familiale, territoriale et pays au final, au fondal natal.

Cet intérêt pays est le fruit d’une période en cours depuis les années 70. À cette époque commence la période de focalisation sur le patrimoine de notre pays. Suite à l’affirmation identitaire lancée dans les années 50/60, les années 70 sont celles où l’on cherche à le vivre. Et les générations actives lui courent après. Ainsi, la yole en bénéficie et participe à affirmer davantage la particularité identitaire du Pays Martinique et donc des martiniquais.

La yole s’est élevée petit à petit au rang de symbole. Elle est devenue un symbole fort et sa pratique aussi. Comme si, l’un a nourri l’autre dans son ascension. En effet, c’est une pratique avec une symbolique déterminante. Il faut pour cela : se rappeler qu’au moment de sa libération, une bonne partie du peuple est en proie à la peur ou encore la phobie de la mer.

La mer qui est au départ cet espace-barrière, un espace dangeureux : « Lanmè pani branch ». C’est un lieu où, l’on ne retrouve pas ses appuies, on n’a pas ses marques. Il n’y a pas de repères. Et, c’est ainsi que les yoleurs sont nos héros qui eux bravent la mer, et finissent par la dompter dans des embarcations qu’il faut aussi dompter. Toujours à l’écoute du vent. Qu’il ne nous dompte pas !

C’est là une vision de la yole en sa pratique qui explique intense soi peu l’engouement des martiniquais pour la pratique de la yole.

La yole une pratique de l’effort…

Oui, il s’agit d’une pratique de l’effort. Il faut produire un effort. Car, il ne s’agit pas d’une embarcation avec laquelle nous pourrons voguer en plaisance en bon marin d’eau douce. C’est une pratique qui demande que l’équipage produise un effort concret et fortement engagé, en quête de l’harmonie entre ses membres. Une harmonie entre eux comme avec l’embarcation elle-même.

Toujours en considération de l’effort comme vecteur de respect pour la discipline, il y a l’exploit, la performance. Il y a ce Tour de la Martinique en yole. Ainsi pour bien comprendre, il faut remettre la société Martiniquaise dans la réalité géographique de son échelle territoriale. Et ainsi, pouvons-nous prendre la mesure de son imaginaire de la proportion, de la grandeur et de la distance.

D’où, faire le tour de la Martinique s’avère être une véritable expédition du point de vu terrestre ; et alors, le faire en yole ronde dans le domaine maritime donc, se trouve être un véritable exploit. Ce domaine maritime qui est l’objet de notre conquête actuelle. Car, nous sommes en corps en démarche d’appropriation de cet espace de vie qu’est la mer. Elle qui fut longtemps considérée comme un espace de mort.

C’est donc une pratique de héros. D’où, il serait malaisé de croire qu’elle ne serait pas porteuse de valeurs. Oui ! Elle en véhicule. Ce sont ses valeurs qui portent plus haut encore la symbolique de la yole. En effet, la yole porte fortement les valeurs du lyannaj, d’être ensemble en harmonie pour faire les choses. Celles qui maintiennent le van dan vwèl. Être ensemble pour faire dans une nécessaire relativité, faire corps ensemble dans l’harmonie entre nous-mêmes, entre nous-mêmes et notre création, et entre cette création et la Création.

Disons une harmonie de l’ensemble, celui du placement, déplacement, des actions, des lectures, des dires, des regards de chacun pour qu’à la maitrise de l’embarcation, on puisse avancer ensemble par l’écoute du vent. Tout notre corps à l’écoute du vent.

Cela comme cette embarcation qui doit faire en sorte que l’équipage arrive à la victoire. Nous partons ensemble et nous allons ensemble pour arriver à la victoire.

Yole sé an viktwa…

La victoire a en effet une symbolique forte dans le monde des yoles. Oui, la victoire est autant le fait du premier que du dernier. Le tout est de terminer. D’être arrivé à la victoire. Oui, la victoire est cette encensement du tour de la Martinique, en fait une destination. Car, elle est la grande satisfaction de tous, public comme yoleur. Satisfaction de le faire étape par étape. Oui, comme ce tour a été construit lui-même. La victoire c’est donc la satisfaction d’avoir effectuer la traversée, d’avoir effectué le tour.

Le tour de la Martinique des yoles engendre un monde de l’initiative.

Au cours de l’histoire de construction de cet événement du Tour des Yoles rondes de la Martinique, remarque-t-on que chacun pu prendre des initiatives. Cela le créant tel qu’il est. Des initiatives qui au fur et à mesure, ont pu créer le nannan du village des Tours de yole. Initiatives organisationnelles et fonctionnelles, commerciales, populaires, d’animations, de productions et de services.

Ainsi, ces initiatives sont celles de l’appropriation de la yole par les artisans martiniquais, par un certain nombre d’artistes, eux le faisant par leur présence et leurs inspirations, par les acteurs économiques et politiques, par les médias.

D’où, il y a là un engouement bien réel par ces acteurs socio-économiques.

Cet engouement populaire et symbolique est fortement exploité par le monde de l’entreprise en Martinique. Monde qui trouve en la yole un certain nombre de symboles, valeurs et principes qui leurs sont audibles.

Alors, il est remarque que les entreprises pérennes par leurs investissements dans le monde de la yole, par financement et sponsoring d’embarcation, s’intéressent à la yole pour l’aventure humaine et par ses codes symboliques. Cela dans le but de revendiquer elles aussi les valeurs et principes véhiculés par la yole, sa pratique et sa symbolique.

Car, ce sont des valeurs propres au leadership d’équipe. Car, avec la figure di Patwòn yòl-la, le chacun son rôle et la responsabilité qui y incombe, assurer et assumer ensemble les valeurs de fidélité de ce public et des membres d’équipage, c’est un monde où la relation est durable qui se dévoile. Que ce soit du point de vu des supporteurs que de celui des pratiquants, le tout basé sur le sentiment d’appartenance familiale et territoriale depuis les origines.

Par conséquent, la yole peut être considérée comme un atout clé pour les entreprises. Celles qui savent trouver en elle, à la fois un symbole fort de l’unité fonctionnelle et, de la fidèlité. Ce qui peut contribuer au développement d’un certain type de management et d’un markéting d’entreprise. Car, la yole est un indicateur fort de l’identité et donc de la culture martiniquaise. C’est ainsi qu’elle s’empare du péyi an tjè et de la diaspora dispersée.

D’où, investir dans la yole, c’est investir dans le patrimoine vivant de la Martinique.

Les entreprises et les institutions utilisent donc les images de la yole dans le cadre de leur démarche publicitaire. Et, ce qui est remarquable au sein des annonces publicitaires produites, c’est que les produits des entreprises ne sont pas seuls mis en avant. Cette publicité fait à la fois le jeu de la promotion de l’entreprise et ses valeurs, et aussi celle de la yole au final.

Tout cela engendre des retombés économiques pour le pays tout entier, le fait que le tour des yoles s’exprime dans une dimension d’échanges symboliques à caractère culturel. Car, à bien regarder, le tour de la Martinique en yole entraine une vision de la tradition et de son actualité culturelle, constituant une large vitrine des pratiques culinaires, festives, artistiques et artisanales, évènementiels propres à la culture martiniquaise.

D’où, le tour de la Martinique en yole a pour mérite la dynamisation par la découverte et la démonstration du littoral du pays Martinique. Et donc, engendre l’installation d’un certain nombre de commerçants et de services. Cela développe chez les martiniquais une appropriation du domaine maritime et de sa pratique (tel le développement de la régate ainsi que des croisières en catamaran et le camping).

Les retombés symboliques en matière économique sont durables dans le fait de l’ouverture d’un nouvel espace d’activités en Martinique. Ces retombés du point de vu économique, au sens d’échanges symboliques, sont aussi le fait de relations intergénérationnelles. Puisqu’il faut préciser que la culture de la yole est l’un des derniers espaces-temps traditionnels de la société martiniquaise ; où, la relation intergénérationnelle a du sens, et s’élève au rang de nécessité à la bonne pratique de ce désormais sport.

Ainsi, c’est un espace-temps socioculturel qui créé de la rencontre et entretien des relations intergénérationnelles.

S’y créé donc un espace de rencontre et un lieu de déplacement en famille. Car, à bien regarder ce qui se passe sur le village du tour de la Martinique des yoles ; et bien, il est remarquable une configuration proche de celle du lakou. C’est-à-dire, ces espaces où la famille se retrouve, et où, chaque membre de la famille (par catégorie et génération) va trouver un espace propre où pouvoir manifester son autonomie et sa liberté relationnelle avec d’autres, tout en pouvant à certain moment se rapprocher de la famille.

Et c’est exactement ce qui se passe pendant le tour des yoles. Chacun trouve son espace d’un point de vu générationnel et, en même temps, peut bénéficier du relationnel familial. D’où, cela semble être en quelque part le déplacement de cette proximité à logique familiale et territoriale, propre au développement de nos modes d’habités, se reproduisant de façon éphémère sur le littoral.

Et puis, considérons les retombés économiques toujours à la dimension symbolique. Cette fois dans le développement d’une prise de conscience écologique et donc d’une écologie active. Car, il est vrai que s’intéresser d’avantage à la mer, c’est surement avoir plus de facilité à la respecter. Et donc, à mettre en place un certain nombre de mesures et de pratiques de préservation de notre littoral, et ainsi préserver nos pratiques de vivre-ensemble.

Alors, oui la yole est un élément rassembleur.

Car, l’initiative qui est permise à chacun autour de la course des yoles, permet à tout un chacun d’y trouver son compte.

Vous aimez la mer, la régate, la navigation vous serez servis. Si vous aimez les belles images vous pouvez regardez, en produire, les collectionner, vous serez contentés. Si vous aimez rencontrer, alors vous allez exulter de rencontres pendant le Tour. Puisque toutes les générations, catégories sociales sont mélangées. Si vous aimez les grands rassemblements rituels autour de la tradition et donc de la culture du vivre-ensemble. C’est aussi possible pendant le Tour des Yoles.

Le Tour des Yoles permet le rapprochement de tout un chacun.

En Martinique, il est appréciable que le Tour des Yoles soit un des évènements phares. C’est un temps culturel repère comme le sont les fêtes de fin d’année, le carnaval et autres. Eux qui mobilisent l’ensemble de la société.

Ce sont véritablement ces évènements et leurs pratiques qui sont à nous… qui sont l’armature de ce Nous… le Nôtre…

Il est le fruit d’une quiétude populaire. De même, il engendre une ferveur du ansanm-ansanm (pa mélé nou an démélé) qui nous éloigne des inquiétudes du système et de ses processus d’épuisement spirituel.

Le Tour des Yoles, c’est un moment où, l’on reprend possession de notre quotidien, pour lui donner sens dans la rencontre et la relation affranchis de nos méfiances sociales. Rencontre et relation entre nous-mêmes de l’humanité, et aussi avec le pays duquel nous nous approprions les paysages en littoral pour un pays sage an tjè…

« Mwen désann di monn-lan ay wè kous yòl bod’lanmè… Moun moun, foul moun… mwen pa janmen wè sa… »

Le Tour des Yoles est aussi une porte d’ouverture ; car, autant il est producteur de proximité ; autant, il nous permet l’assurance de nous-mêmes pour assumer la relation à l’ailleurs dignement. Alors en nous le sentiment du partage vit…

Car, la yole est le fruit de ce sentiment qui se concrétise et se catalyse au fait du Tour des Yoles. Lui qui est un sentiment familial, puisque dans cet univers tout commence par la famille ; car, c’est l’un des rares lieux où subsiste la transmission familiale.

Un sentiment territorial puisque ce sont des quartiers littoraux et des communautés de pêcheurs qui vont l’inscrire dans la pratique bòkay.

Et puis, un sentiment pays puisque c’est l’ensemble du pays Martinique qui est fier d’avoir cette image de nous-mêmes ; cette pratique de nous-mêmes qui est de faire par l’effort humain. Par son écoute associée à l’effort naturel du van dan vwèl, pour traverser et faire le Tour de l’île, l’étjipaj-la paka pèd fwa.

Comme si par cela, nous exorcisions notre peur de la Mer. Par ces bwa drésé, voilà à vivre les branches auxquelles nous raccrocher quand nous traversons la beauté de notre île dans la mer et l’océan qui l’entourent et qui désormais, nous projettent dans l’infini possible de nos voyages vers l’horizon manifeste de Manman Dlo…

Malik Duranty


  1. So!

    29 juillet

    Un bel éclairage des ramifications de notre culture! !

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