Tjenbé bèl pou viv-li bien...
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Célébrons notre liberté…

Célébrons notre liberté…

Certains ont entendu l’abolition
et de l’autre bord certains autres arrachaient la liberté.

De ces évènements s’ouvrait l’espoir,
lorsque les nègres chantèrent liberté
comme un cri de ralliement,
comme une ode à la destination,
comme un poème en réalisation.

Des mots de la devise révolutionnaire,
liberté, égalité, fraternité,
les nègres,
êtres sensibles
furent les plus habiles à la compréhension
de ces mots-étendards,
de ces mots-visionnaires
devenus mots-avatars
d’un rêve à ce bord
et d’un cauchemar de l’autre.

N’enlevez rien à ces conquérants d’eux-mêmes
qui des siècles durant,
avec l’endurance et la mémoire de l’éléphant
n’ont eu de cesse d’ouvrir
dans les forêts lugubres
de leur asservissement
des voies de lumière
par des voix lumineuses
au vocabulaire incendiaire
du charbon de révolution.

Libérez la mémoire des ancêtres
du spectre de l’humiliation en docilité fataliste,
entendez le digne et beau
qui plient mais ne cassent pas.

Certains se battraient pour ne pas chuter,
tomber,
ployant sous le poids du coup du sort ;
et certains autres se battent pour rester debout,
rester en marche,
s’ouvrant au vent de la liberté,
frottant sans cesse la surface de l’eau-mémoire
pour en évaporer, en évader des profondeur
ici et là des particules de mémoire.

22 Mai, notre jour, notre heure, notre célébration
de notre négritude
hors du temps obscure du partage du monde
par colonisation,
hors de l’espace insulaire prison,
hors de la règle concentrationnaire,
hors de la règle assimilationniste ;
notre jour, notre heure, notre célébration
de notre négritude en mille visages
dans la face du monde,
dans l’ère de notre géofraternité,
dans la règle du lasotè,
au péyi-ajoupa gagnant.

Rien n’est plus à moi que
mon sentiment à vivre dans une humanité digne ;
rien n’est plus à moi que
l’audace de ce péyi né de volcans révoltés ;
rien n’est plus à moi que
la parole-fleuve de guérisons qui
courent libre les générations.

Tout est ici à réclamer depuis la mémoire des aïeux
l’évitement des endormissements
dans le confort qui n’est pas de nous.

Toi descendant de l’ensemble de l’humanité d’ici,
tu ne peux pas être le seul malade incurable
de la voracité de l’autre.
Toi qui est le descendant des survivants de l’esclavage.

Entends-tu dire
Ma liberté est une mère
au regard d’une défiante détermination,
similaire à l’oeil du cyclone,
l’Oeil d’Horus,
édifiant
le vent en souffle tournoyant une spirale
à l’oeuvre d’une transmission
en acte de préservation.

Les mawon sont là en corps nous.
Ne les cherches pas,
trouves les,
en t’éprouvant toi-même
à te battre pour rester debout,
tribiché sé bèl pa,
pa makaté kòw..

22 Mai, notre jour, notre heure, notre célébration
de notre liberté.

Moi,
j’y célèbre la nature,
le zayann
qui s’est fait lieu de renaissance
en accueillant le mawon
en l’utérus fait morne
d’un ailleurs pour en corps nous.

 

Florilège de Pawòl pour le 22 Mai : 

Pawòl 22 Mai 2016

Pwézik pour le 22 Mai

An Nou 22 Mai

Fgyé Béni


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