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Man Ya: An Lanmen Ka pasé (Épisode 3)

Man Ya: An Lanmen Ka pasé (Épisode 3)

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D&Y&M-Y Épisode 3

Man Ya est une Grand-Mère, elle est cette femme, mère de parents; mémoire elle-même de trois enfances. Elle est par trois fois en sa propre foi, un puis de sagesse en eau claire. C’est un être et aussi une atmosphère, un lieu et temps, dans le partagé. Ce qu’elle vit des autres n’est pas d’ailleurs ce qui en elle est la source de son intention d’être à Elle Libre.

Oui, elle connait tant de langages vivants qu’il est vivifiant de se raconter d’Elle et de s’entendre raconter l’histoire d’une lecture de la vie d’Elle. Depuis, Elle et sa mémwa d’Elle et sa mémwa reçue du Don transmis au fil de sa lignée de vies qui défilent, vivent.

Elle est une mémoire vivante et une vie de mémoire qui nous touche pour nous guider. Elle nous pousse à faire chemin nous. Le chemin de nous-mêmes.

Elle le Totem PotoMitan de sa présence à son souvenir… Humes l’air de cet atmosphère d’après lapli, et sens bien le vivre que Grand-Mère a mis en Toi… Méwi…

Elle est à l’entré du lieu-dit de la Famille. Comment fait-elle? Elle est toujours là. Même après que nous soyons partis, Elle est là…

Ès ou konpwann sa?

Alors quand Man Ya sort d’elle en un souffle d’une douceur à la fébrilité de sincérité, les mots viennent; s’ouvre un intérieur à la drôle de sensation de ne faire qu’un, de nous et du monde… plus d’alentour et de contours, tout est à l’écoute de tous les mouvements en vibration de présence au présent.

Et à Man Ya de dire:

«  …Sèlman fòk mwen di zòt :

C’est une main qui lave l’autre; Sé an lanmen ka lavé lòt ; c’est une expression pour dire que c’est la solidarité qui mène; nous avons besoin de complémentarité pour faire les choses essentielles, comme se laver le visage, et se laver les mains ; faire ensemble ressource pour par entre nous. »

Je me souviens du jour: où je suis parti pour l’École le matin, quand revenu le midi, il n’était plus possible de le vivre avec Elle comme avant…

Alors, je me mis en quête de Mémwa… 

Man Ya: An Lanmen Ka pasé

Man Ya ni pou di… à un frère et une sœur…

An lanmen Ka Lavé Lòt!

Mwen ka di zot anni tann pou konpwann èk konpwann pou tann

Sa ki dan tjè la blès ka ouvè zié-nou asou limyè ki ni ka nouri lavi

Nouri lavi-bèl.

Kouté :

La main

Oui La Main

Et je dirai

Manuel : pas besoin de manuel

La Main prend le corps

parle donne protège emmène apporte

touche sens caresse pousse appuie

libère tient danse le mouvement de la vie

tiens touches et sens en ma main mon coeur battant

Ceci dit,

Le mot est bien choisi

Parce que je me souviens d’un temps

Où, je regardais ma Grand-mère.

Je regardais ses mains.

J’ai cette mémwa kinesthésique en moi

qui me raconte…

Elle avait de belles robes

Elle était fière

Et elle marchait toujours bien droit.

Elle était rigoureuse

Il ne fallait surtout pas 

Déroger à la règle de l’éducation

Sinon badam

Bagay té pé vini cho.

Mais ma Grand-mère

Elle avait les mains de travailleuse

J’avais l’impression

Qu’elle avait été mécanicienne

Ou sûrement coupeuse de canne,

Je ne savais pas trop bien…

Ma Grand-mère

Avait les mains fortes

Et puissantes

Rugueuses

En même temps

Ses mains pouvaient vous caresser

Et puis aller là comme ça

Dans le vent d’Alizé

Au moment où

Elle savait se reposer.

Oui,

Ma Grand-mère connaissait faire repos

Pas tout le jour, pas tout le temps

Mais de simples petits instants

Partagés avec ses petits enfants

Le temps d’un contact doux comme tété lang.

Ses mains étaient agiles

Oui

Elle n’avait pas besoin de manuel…

Elle savait tout faire

Tout transformer

Et tout était bon

Tout était gouteux.

Et puis,

Un jour, ses mains se sont figées

En face de moi, ses mains se sont figées

Le moment était impérieux

Elle devait m’exprimer quelque chose

Et a-t-Elle commencé par dire :

« Yich-mwen,

Tes mains doivent être propres

Car, respectueuses

Tes mains doivent être tournées sur les autres

Et parfois dans le dos pour te protéger de la chute

Et par foi

Tes mains doivent offrir

Tes mains doivent caresser

Tes mains doivent instrumentaliser l’outil

Pour réaliser ta pensée et tes rêves

Matérialiser tes états d’âmes

Tes mains ne sont pas seulement à imiter

Elles sont à suivre

Elles sont à faire penser

Tes mains ne doivent pas être violentes

Elles ne doivent pas frapper

Elles peuvent panser

Oui,

Tes mains peuvent cajoler

Et tes mains peuvent planter

Et surtout tes mains peuvent récolter.

Tes mains peuvent offrir

Le fruit de ta récolte.

Et si jamais,

En retour tu n’as pas de manuel

Tu peux toujours compter

Sur l’intention du geste partagé

Une main dans la main

Vaut toujours mieux

Qu’une main dans la poche

Alors

Avant le coup de main

Toujours être certain

Que la main gauche

Que la main droite

Soient prêtes

À offrir le pain

Du coeur

Au centre de l’intention

D’entre deux mains tendues

Coeur Battant… ».

À ce moment là, Man Ya ferme la bouche. Suspendues à ses pupilles des larmes claires; et puis, sur ses lèvres, une infime vibration, un vent l’embrasse. Elle entrouvre la bouche en petit interstice; par là, Elle respire une atmosphère tendre, un geste pour Djaya et Yadja qui reste là dans le chaos de leurs pensées, ils sont là… ils respirent et réalisent…

Un malfini plane en haut du plus haut sommet du Quartier. Le vent est doux et s’apprête à partir avec la pawòl de Man Ya. Quand, il se mit à murmurer tendrement une invitation à Djaya et Yadja… Tous deux regardent Man Ya qui acquiesce de la tête.

Le vent se gonfle alors en une rafale toujours aussi douce…

Sé pati pou viré… Sèten Man Ya ka pwézi mofwaz ba yich-li… Li konèt zafè li épi li van… Divini van Ka pousé Malfini dan van… kon tèl lèspwi Monm Péyi-a pati épi Yo Fanmi Ya.

 


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